Bonjour ! Je m’apelle Bertrand. J’ai 9 mois et je suis un labrador adolescent. Vous me connaissez bien, maintenant. Ce n’est pas la première fois que j’écris ici.
Le mois dernier, je vous ai dit que j’aimais bien la neige. Et bien je peux vous dire que j’aime aussi la glace. C’est bon, ça croque sous les babines, mais surtout… grâce à la glace qui a recouvert les chemins près de la maison, les balades sont plus drôles !
Je vous raconte !
Olivier, il dit que je suis un trouillard, mais ce n’est pas vrai. C’est lui ! Même qu’il avait peur de la glace, alors que c’est drôle, la glace. C’est froid et ça un drôle de goût. Il m’a raconté une histoire à dormir debout où il était question de requin des neiges. Je n’ai rien compris. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi il met toujours des bottes pour sortir alors que c’est bien plus facile de marcher sur la glace quand on est pattes nues avec de longues griffes comme les miennes.
D’ailleurs, une fois, je l’ai surpris dans sa chambre (je n’ai pas le droit de rentrer, mais j’ai glissé la tête quand même pour voir ce qu’il faisait) : il se taillait les griffes. Drôle d’idée !
Il n’a pas intérêt à me faire ça, tiens !
Bref, il a peur que je le tire très fort avec la laisse et que je le fasse tomber. Comme si c’était mon genre.
Au début, il a ressorti la longue laisse à enrouleur. Trop chouette ! Mais quand on est allés vers la ferme, j’ai aperçu la grosse chienne agressive qui défendait son territoire. Une fois, je suis allé la voir pour jouer mais elle ne voulait pas et j’ai cru qu’elle allait me mordre. Maintenant, je n’aime pas aller vers la ferme quand je sens qu’elle est là. L’autre jour, elle était là, et puis tout d’un coup, elle a aboyé très fort, et moi j’ai eu très peur.
Je me suis sauvé vers la maison, tellement vite et tellement fort que j’ai senti la laisse casser dans mon cou. Je me suis retourné et j’ai vu Olivier faire des grands gestes avec ses bras et me rappeler l’air fâché mais moi je ne voulais pas revenir vers la grosse chienne méchante alors je ne suis pas revenu et j’ai attendu.
Olivier, il est gentil avec moi. Il m’a raconté plein de choses. Je n’ai rien compris, mais ça avait l’air gentil. Et puis nous sommes rentrés sans laisse. J’étais très fier.
Depuis, pour la promenade de l’après-midi, il me fait confiance. On sort et il me détache, et je peux courir où je veux. Quand on croise des gens, je dois m’arrêter et il me remet ma laisse.
Je préfère quand on ne croise personne.
Parfois, il part sans prévenir, alors je fais bien attention à ne pas le perdre de vue. Surtout si on est près de la ferme.
Depuis quelques jours, la neige a fondu. Il en reste quelques gros paquets sur le chemin de la promenade et je m’amuse à faire des trous. J’adore ça.
Sinon, j’étais content, j’ai vu que le ruisseau qui longe la route de la ferme était dégelé aussi, alors j’ai voulu voir s’il y avait de l’eau comme avant la neige.
Je confirme, il y en a.
Olivier n’aime pas quand je vais dans le ruisseau. Il dit que je ne l’écoute plus, puis il me dit qu’il s’en va et qu’il me laisse là, et aussi que je suis sale et que je pue. Ce n’est pas vrai, d’abord ! Je ne me baigne que dans de l’eau d’Evian, non ?
L’autre jour, la méchante chienne n’était pas là, alors on a continué notre promenade très loin. Il y avait des vaches. Et aussi un animal bizarre, que je n’avais jamais vu avant. Je ne sais pas ce que c’est mais je sais que ce n’était pas une vache.
La vache n’a pas bougé, elle regardait le paysage. L’âne (Olivier m’a dit qu’on disait comme ça), il est sympa et on s’est reniflé un peu. Il s’appelle Justin.
Après, on a continué loin le long du chemin. A un moment, je me suis rapproché de la barrière des vaches pour faire un trou. Olivier m’a dit NON mais c’était trop tard. Je me suis approché trop près et j’ai eu très mal. Quelque chose qui m’a piqué très fort dans tout le corps. Olivier m’a dit que c’était bien fait pour moi, et que je le saurai pour la prochaine fois.
C’est quand même bizarre, cette ficelle qui pique.
Sinon, Olivier m’a dit qu’il allait bientôt partir en voyage, et que je devais être sage, que je ne devais pas m’inquiéter, que je serai en pension avec des copains, mais qu’il allait revenir et que je ne devais pas être triste. Je ne sais pas pourquoi il dit ça. J’espère qu’il ne va pas m’abandonner.
Bon, je vous laisse parce qu’il est presque midi. Et je sais qu’à cette heure ci, on va bientôt manger. Je dois attendre mon tour, mais ça finit toujours par arriver. J’ai senti l’odeur du riz dans la casserole. Je me suis approché pour vérifier mais je me suis fait renvoyer dans mon panier. J’espère qu’il y aura du thon à la tomate avec mon riz. Et peut-être même des haricots verts.
Le toujours excellent Martin Vidberg a publié il y a quelques mois sur son blogue un superbe dessin représentant le long chemin menant à l’élection présidentielle française.
Il est long en effet. Un vrai parcours du combattant… pour les citoyens.
-> cliquez sur le dessin pour le voir en grand format !
D’après l’image, nous en sommes au niveau des flaques de boue, et de la peau de banane, ce qui correspond bien avec la réalité. Et comme vous le voyez, il reste pas mal de chemin à faire d’ici au 22 avril.
J’espère, vous l’aurez bien compris, que je pourrai enfin retirer le petit drapeau que j’ai mis dans la colonne de droite au moment de l’affaire de la nomination (ratée) de Jean Sarkozy à l’EPAD en 2009. Avec tout ce qui a suivi depuis, je n’ai pas eu l’occasion de le retirer.
A propos de drapeau. Bravo à Hepao qui a trouvé la première la bonne réponse : la Syldavie.
Danielle, tu as dit « la Syldavie n’existe pas », ce qui n’est pas vrai puisque Tintin y est allé plusieurs fois. Combien de fois, d’ailleurs ?
Nouveau drapeau pour aujourd’hui. Ça ne devrait pas être trop difficile.
Alors, quel est ce pays ?
Il y a encore une carte postale de ma prochaine destination à gagner !
Mais pour repartir, il faut un passeport. Heureusement que j’en ai deux ! (Oui, je crâne ! Et alors ?! Y’en a qui en ont trois)
Le problème… c’est que celui de gauche expire dans dix jours. Celui de droite dans un mois. Mortecouille !
Pour le français, c’est assez simple de le faire refaire à la mairie d’Evian. Des photos sans sourire, le vieux passeport, une preuve de résidence et surtout des sous… et voilà. C’est plus compliqué pour ceux dont un parent est né à l’étranger, mais comme ma famille est 100% française depuis le XVe siècle au bas mot, je n’ai pas d’inquiétude. Croque-Guéant ne viendra pas m’embêter. Enfin, normalement.
Pour le passeport canadien, en revanche, ça semble plus compliqué. Et j’en profite pour demander conseil aux Canadiens qui vivent à l’étranger : comment on fait ? Il faut se rendre à l’ambassade ? Au consulat le plus proche ? Est-ce que je pourrais faire ça à Genève, même si je ne vis pas en Suisse ? Est-ce qu’il y a toujours cette histoire de référent ? Vous avez fait comment, vous ?
De toute façon, si je n’ai pas de passeport valide d’ici mon prochain voyage au Canada, je pourrai toujours chiper celui de Bertrand. Il n’a pas de date de validité.
Petit jeu en passant : j’enverrai une carte postale de ma prochaine destination au premier d’entre vous qui reconnaitra ce drapeau !
Bon, Flavien me pose plein de questions. Je suis censé poser d’autres questions à 11 autres blogueurs, mais je vais lâchement briser la chaîne parce que bon.
Si vous bloguez, cette chaine finira bien par vous contaminer.
Alors, alors…
1- Que serait pour toi un monde sans électronique ?
Je ne conçois pas vivre coupé d’Internet. Je fais tout par Internet : je travaille, j’écoute de la musique, je gère mes comptes, je blogue, je réserve mes billets d’avion, je réponds à des questions terribles…
Quand Internet est arrivé chez moi au milieu des années 1990, j’ai tout de suite vu l’impact que ça aurait. Sans Internet, j’aurais eu une vie très différente. Je ne serais sans doute pas allé au Québec, je n’aurais pas rencontré plein de gens super chouettes, je n’aurais pas trouvé les mêmes boulots… ni mon amoureux.
Maintenant, l’électronique, c’est aussi la téléphonie mobile. Pour ça, je suis volontairement très en retrait. Je n’ai qu’un téléphone sans abonnement, que j’oublie la plupart du temps au fond de ma sacoche, et dont je ne me sers presque jamais. Tout est une question d’équilibre entre vie « en ligne » et vie « tout court ».
2 Tu prends ta douche le matin ou le soir ? (le matin pour les autres, le soir pour la propreté, les deux pour le perfectionnisme)
Tous les matins. Je ne me sens pas bien si je ne peux pas me doucher le matin.
3 A quelle personne célèbre aurais tu aimé dire Papa, ou Maman, ou Mon enfant?
Personne. J’ai des parents formidables et je n’en veux pas d’autres.
Sinon, avoir un enfant célèbre, ça doit être une corvée, non ?
4 Tu crois que Madonna Lady Gaga et Jeanne Mas sont has-been ? (Une seule réponse par oui ou non)
Oui.
5 Si tu devais obligatoirement habiter à la campagne, quelle région de l’univers, de la terre, ou de la France choisirais tu ? Pourquoi ? (si tu trouves la question trop longue tu switches avec : « quel est le sens de la vie? »)
Ce ne sont pas les idées qui manquent : une petite maison au bord d’un fjord, une belle maison au bord de la Loire, ou une villa en Toscane… ou les trois.
En même temps, j’aimerais bien retourner vivre en ville, après ces trois ans bien (trop) calmes passés au bord du Léman. Va falloir que j’y pense sérieusement… l’année prochaine ?
6 Que ferais-tu de ton gain au loto?
Ca dépend de la somme. Si c’est le gros lot, je commencerais par mettre tous mes proches à l’abri du besoin. En ces temps troublés, ce n’est pas du luxe.
Après, je pourrais envisager la question 5… Et puis sinon, voyager, voyager, voyager…
En tout cas, je sais que ce gain serait très bien utilisé.
7 Quelle qualité préfères-tu chez ceux que tu aimes ?
Je ne sais pas. Mes amis sont très différents. J’aime bien les gens intéressants aux parcours sinueux, les amis drôles, intelligents, gentils, curieux, souriants, un peu baroudeurs aussi… Mais tout est une question d’atomes crochus ou pas. Ça ne s’explique pas.
8 Qu’est-ce que tu vas faire là, juste après?
Sortir Bertrand qui n’attend que ça. Surtout qu’il fait beau.
Après, faudrait que j’étende le linge. Oui, j’ai une vie trépidante, je sais.
Si vous avez pris l’habitude de regarder des séries télévisées sur votre ordinateur, vous savez certainement ce qu’est le streaming. Pour les autres, c’est tout bête: il existe des sites qui recensent des milliers et des milliers de séries et de films. On peut tout visionner gratuitement, sans rien télécharger, en version originale, doublée ou sous-titrée, des séries toutes récentes, des films anciens… Bref, un vidéo-club gratuit à la maison.
Le plus connu de ces sites s’appelait Megaupload. C’est sur ce site que j’ai vu des séries entières comme les Tudors ou les Desperate Housewives… en anglais parce que je n’aime pas du tout les versions doublées qu’on diffuse à la télévision. Évidemment, on y ignorait toute législation sur les droits d’auteurs, mais comme des millions de gens, je trouvais ça bien pratique.
Les serveurs de Megaupload sont à Hong-Kong et son principal dirigeant vit en Nouvelle-Zélande mais c’est aux États-Unis qu’on gère les liens entre les adresses IP et les adresses Internet en .com. Il a suffi à l’organisme américain de couper ce lien entre adresse de site et adresse IP et tout a été bloqué. Pire que ça, comme les dirigeants ont été arrêtés et leurs comptes gelés, parce qu’une plainte a été déposée aux États-Unis, les fichiers risquent d’être effacés; l’hébergeur de Hong-Kong ne voulant pas garder toutes ces données s’il n’est plus payé.
Le truc, c’est qu’il n’y avait pas que des films et des séries dans les serveurs de Megaupload. C’était à la base un bête outil de stockage. Ceux qui avaient pris un abonnement pour y stocker leurs données personnelles risquent de tout perdre, même si leur activité est entièrement légale.
Ce principe d’externaliser ses données s’appelle le Cloud, « nuage » en anglais.
Cette façon de travailler, je l’utilise tous les jours. Les bases de données sur lesquelles je travaille sont accessibles par tous les chercheurs et rédacteurs à qui j’envoie un login et un mot de passe. Chacun travaille sur les fichiers auxquels il a accès (et pas les autres), quelque soit l’endroit où il se trouve dans le monde. On peut désormais travailler de la même façon, qu’on soit à Toronto, Boston, Evian ou Singapour. C’est plus simple que de s’envoyer des pièces jointes, tout est mis à jour en temps réel. C’est réellement très pratique.
Autre exemple: je n’achète plus de CD, hors de prix, depuis des années. Je ne télécharge pas. En revanche, je suis abonné chez Spotify. Je paye un petit abonnement par mois, et je peux écouter toute la musique que je veux, tout le temps, quelque soit l’endroit où je me trouve. Mes fichiers musicaux dépendent d’une société suédoise, je ne sais même pas où sont les serveurs dans lesquels cette musique est stockée.
Seulement, que se passe-t-il le jour où quelqu’un décide de couper l’accès à un serveur, à une base de données, à un album photo personnel, à un manuscrit de boulot, à un blogue… parce que le contenu ne lui convient pas ? C’est tout simple : on perd tout. Plus d’archives de courriels, plus de photos personnelles, adieu le document de boulot sur lequel on travaille, adieu sa musique…
L’épisode Megaupload est un avertissement. Il est risqué de tout confier à des compagnies externes. Rien ne vaut le bon vieux disque externe et les sauvegardes maison.
Quant au télé-travail en ligne, il faudrait trouver une solution pour que tout ne dépende pas entièrement du bon vouloir d’un État.